Justice pour les victimes de la Ghriba

Justice pour les victimes de I'attentat antisémite de Djerba en Tunisie !

A quand le traitement judiciaire de l’attaque du 9 mai 2023 ?

Le collectif Golem apporte son soutien aux familles des victimes et aux survivantees du dernier attentat antisémite ayant eu lieu a la synagogue de la Ghriba (Tunisie), & l’approche du procés qui devrait enfin avoir lieu le 13 janvier 2026, plus de deux ans plus tard.

Le 9 mai 2023, lors du pélerinage juif de Lag Ba’Omer a la synagogue de la Ghriba a Djerba, Tunisie, un policier tunisien a ouvert le feu sur les personnes qui y participaient. Ces violences ont causé la mort de 2 pélerins juifs (Benjamin Haddad, ressortissant frangais, et Aviel Haddad, son cousin, tunisien) et 3 policiers tunisiens (Abdelmajid Atig, Maher El Arbi et Kheireddine El Lafi).

C’est tourtess les civiltes juifeves qui étaient visé-es. Des centaines de personnes se trouvaient 4 ce moment-la dans la synagogue de la Ghriba, et plusieurs survivantees souffrent désormais d’un syndrome de stress post-traumatique.

Aujourd’hui, les familles des victimes et les survivantres demandent vérité et justice, mais font face 4 une grande opacité, du cdté du systéme judiciaire et des médias frangais et tunisiens, ainsi qu’@ un déni du caractére antisémite de l’attentat par le gouvernement tunisien. Golem réclame la levée de ce silence et appelle 4 diffuser largement les informations suivantes :

Le caractére antisémite del’attentat est indéniable : la date (le pélerinage de Lag Ba’Omer, qui rassemble 5 000 personnes juives chaque année), le lieu (une synagogue), les armes dont disposait |'assaillant (suffisamment de munitions pour tuer des centaines de personnes) convergent en ce sens.

La présence juive en Tunisie est plurimillénaire. La communauté juive tunisienne a connu des dizaines de milliers de départs vers la France ou Israél depuis les années 1950 et compte désormais moins de 2 000 personnes. Le départ des juifsves de Tunisie, comme des autres pays du Maghreb, découle de plusieurs facteurs : antisémitisme subi par les Juifs de Tunisie, naissance de l'Etat d'lsraél en 1948, indépendance de la Tunisie en 1956 qui était sous protectorat frangais depuis 1881, crise de Bizerte en 1961, gouvernements tunisiens successifs plus ou moins protecteurs des juifeves.

Une vie juive a néanmoins continué d’exister en Tunisie développant des liens de solidarité avec une partie de la société civile tunisienne. Cependant, les Juifves tunisienntes doivent faire face @ un climat antisémite croissant, perpétué et encouragé par le régime actuel de Kai's Saved, qui se distingue par ailleurs avec une politique profondément raciste, xénophobe et violente al’encontre des personnes immigrées originaires d'Afrique subsaharienne.

Au cours des derniéres années, plusieurs attentats antisémites ont frappé la synagogue de la Ghriba, lune des plus vieilles d’Afrique. En1985, 5 personnes ont été assassinées lors d’un attentat, puis en 2002, 19 civils ont été tués dans un nouvel attentat revendiqué par Al-Qaida.

En Tunisie, le procés de lattentat du 9 mai 2023 est en cours, mais la situation politique actuelle a retardé plusieurs fois la tenue de l'audience de délibéré. Les autorités tunisiennes continuent de nier le caractére antisémite de lV'attentat. Les récentes condamnations de dizaines d’opposants politiques a des peines de prison ont conduit le Conseil National de l'Ordre des avocats a boycotter toutes les audiences présidées par des juges soupg¢onnés de ne pas respecter I’indépendance de la justice. Le procés a déja été reporté 3 fois, il est désormais prévu le 13 janvier, mais rien ne garantit qu’il ne sera pas encore annulé !

Golem appelle la justice tunisienne :

- @ reconnaitre la caractére antisémite de |'attentat et a rendre justice aux victimes et aux survivantees,

- 4 faire la lumiére sur les éléments matériels et la chronologie des faits qui se sont déroulés le 9 mai 2023.

Golem appelle la justice frangaise :

- & poursuivre l'enquéte ouverte par le Parquet National Anti-Terrorisme sur l'attentat de la synagogue de la Ghriba.

- ane pas clore l’enquéte en France une fois que le procés se sera achevé en Tunisie.

- 4 donner accés aux piéces du dossier dont elle dispose aux familles des victimes et aux survivantees (notamment les conclusions de l'expertise médico- légale réalisée sur le corps de Benjamin Haddad).

- & permettre aux survivantees de se constituer partie civile.

Pour le moment, les familles des victimes et les survivantes ne connaissent pas la progression de I’enquéte et elles veulent que la vérité soit établie sur ce qui est arrivé. Pour les survivantres, la reconnaissance du préjudice subi leur est essentielle pour débuter un processus de guérison du traumatisme.

L’attentat du 9 mai 2023 ala Ghriba a été relativement passé sous silence en Tunisie, en France et al’international. Golem appelle a communiquer massivement au sujet du procés et de |’enquéte en cours.

Nous appelons @ un rassemblement le jour de l’'audience, le 13 janvier 2026 a 18h30, Place du Chatelet a Paris, pour exiger la justice !